Notre Fondateur
Otto Jangl naît le 19 décembre 1924, dans ce qui est aujourd’hui la République tchèque, et grandit sur une ferme; c’est là qu’il apprend comment poussent les choses. En 1947, il obtient une maîtrise en agronomie de l’Université Charles, à Prague.
Il n’aura jamais l’occasion de s’en servir là-bas. Membre de la résistance étudiante, il est contraint de fuir en 1948 devant la persécution politique. Avec un ami proche, il emprunte la voiture du père de celui-ci, traverse le no man’s land et grimpe les montagnes pour rejoindre un camp de réfugiés. Quand vient le moment de choisir une terre d’accueil, il opte pour le Canada, parce que le Canada cherchait des agriculteurs. C’est donc ce qu’il a déclaré être. Sa maîtrise, il l’a gardée pour lui.
ARRIVÉ AVEC PRESQUE RIEN
Il débarque en 1950 et se met à cultiver la terre au sud de Montréal. Son esprit d’entrepreneur se révèle aussitôt : remarquant les montagnes de bran de scie que les usines de la ville jettent, il se met à les ramasser et à les revendre. Dès 1953, il loue sa propre ferme et se consacre à la production et au nettoyage de semences agricoles. En 1956, il entre chez J.A. Pilar Seed Export & Import, à Montréal, responsable des semences de graminées et de fourrage: le début d’une vie entière consacrée au gazon.
1967 — O.J. COMPAGNIE
Lorsqu’Otto se tourne vers l’industrie du golf, le Québec ne compte qu’une centaine de clubs, et l’Association canadienne des surintendants de golf n’existe pas encore. Il fonde O.J. Compagnie en 1967, une toute petite entreprise familiale. Les initiales sont choisies délibérément : elles étaient celles d’O.J. Noer, le conseiller en gazon le plus respecté d’Amérique du Nord, décédé cette même année.
La même année, Otto réussit les examens requis à l’Université Laval et est admis à l’Ordre des agronomes du Québec; l’agronome qu’il avait toujours été, enfin reconnu dans son pays d’adoption. En 1995, l’Université Laval le nomme membre à vie.
BÂTIE SUR DES POIGNÉES DE MAIN
L’entreprise s’est bâtie sur le charme, la poignée de main franche et l’honnêteté. Otto a parcouru plus de kilomètres et visité plus de terrains de golf que presque quiconque dans le métier, et l’entreprise a survécu à tous ses concurrents. Il devient concessionnaire Jacobsen en 1982 et poursuit son expansion durant les années 1980 et 1990. Il tenait aussi à ce que chaque client reçoive une caisse de pommes chaque automne et une bouteille de vin à chaque Noël, une règle dont l’entreprise se souvient encore.
« Si le client en a besoin tout de suite, on doit le lui livrer tout de suite. »
LUDMILA
Otto n’a pas bâti tout cela seul. Ludmila arrive de Tchécoslovaquie en 1968 pour visiter ce père qu’elle n’avait pratiquement connu que par lettres depuis l’âge de trois ans. Formée à Prague comme dessinatrice technique, elle travaille chez Dominion Engineering quelques mois à peine après son arrivée. Puis les chars soviétiques entrent dans Prague, et rentrer n’est plus une décision qui lui appartient. Elle et Otto se marient en 1970.
L’HÉRITAGE
Otto s’éteint en 2008. Le 1er janvier de cette année-là, son fils Phil devient président; sa fille Gaby occupe le poste de vice-présidente. Ses trois petites-filles — Ella, Madeline et Mia — forment la troisième génération d’une entreprise née d’un jeune homme, d’une valise et d’un diplôme qu’il ne devait pas mentionner.